Rétro à l'instantAjouter aux favoris

Un développeur signé Kahris a publié sur GitHub un portage natif iOS de The Legend of Zelda: Ocarina of Time - 60 FPS, résolution iPad, support manettes Bluetooth. Le twist : la couche iOS a été générée par Codex 5.6 Sol d'OpenAI en autonomie, sur un unique prompt travaillé pendant des heures.
Nous nous souvenons tous du CRT familial, du crochet en Z du contrôleur N64, et de cette première galopade dans la plaine d'Hyrule à 20 images par seconde et 240p - une petite claque en 1998, quand The Legend of Zelda: Ocarina of Time sort au Japon le 21 novembre 1998 (NTSC-J), aux États-Unis le 23 novembre 1998 (NTSC-U), puis en Europe le 11 décembre 1998 (PAL), sous la direction d'Eiji Aonuma et de ses co-directeurs, avec Shigeru Miyamoto comme producteur chez Nintendo EAD. Vingt-huit ans plus tard, le même monde tourne sur un iPad, à 60 images par seconde, à la résolution native de la dalle - et c'est un développeur solitaire nommé Kahris (compte X @chrissotraidis) qui l'a rendu possible en confiant l'essentiel du travail à un agent IA.
L'objectif de Kahris : produire une application iOS native, pas un émulateur générique, à partir du code C décompilé d'Ocarina of Time (le projet communautaire de décompilation OoT, qui reconstruit publiquement le code source du jeu depuis la ROM originale, existe depuis 2020).
Sa méthode telle qu'il la raconte publiquement : rédaction et raffinement d'un unique prompt pendant plusieurs heures de travail humain, puis lancement de Codex 5.6 Sol (l'agent codant d'OpenAI) en autonomie pendant des heures. Codex a produit la « couche iOS » - c'est-à-dire l'adaptation du code décompilé (portable, écrit en C) vers une app native ARM64 iPhone/iPad, avec bridge de rendu, gestion des entrées et audio. Le portage tourne à la résolution native de l'appareil, à 60 FPS, avec support tactile, clavier, souris et manettes Bluetooth.
Le résultat est sur GitHub en open source. Comme toujours pour ce type de portage, il faut fournir soi-même la ROM originale (le projet OoT decomp la nécessite pour extraire les assets) - un usage documenté en zone grise juridique mais toléré par la communauté depuis longtemps.
Le contexte : Nintendo a annoncé un remake d'Ocarina of Time sur Switch 2 attendu courant 2026. Kahris n'a pas attendu.
Ce qui frappe l'équipe, c'est moins l'exploit technique - la scène decomp N64 sait faire tourner OoT sur des cibles improbables depuis des années, cf. le portage PC Ship of Harkinian - que le basculement méthodologique. Un individu, un prompt, un agent, quelques heures machine. La couche portage, qui demandait historiquement des semaines d'un dev iOS spécialisé, devient un artefact généré. On peut être enthousiaste ou circonspect selon les jours ; le fait brut est là.
C'est aussi une bonne nouvelle pour le patrimoine vidéoludique. Les portages iOS non officiels ont toujours été condamnés au retrait dès qu'ils apparaissent (Nintendo n'apprécie pas), mais la barrière d'entrée devient si basse qu'un jeu retro publié sous forme de decomp devient de fait multi-plateforme quasi-immédiatement. La musique de Koji Kondo - encore lui, encore Nintendo EAD - n'aura jamais été aussi mobile.
À suivre : combien de temps avant retrait DMCA, et surtout combien de decomps existantes vont recevoir le même traitement dans les mois qui viennent.
Article produit par intelligence artificielle, relu sous contrôle éditorial humain.