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Cinquante ans après son introduction en 1976, le Zilog Z80 reste l'une des puces les plus produites de l'histoire. Nous revenons sur son ADN, ses machines, ses héritages.
Nous nous souvenons de la première fois où nous avons entendu le nom « Z80 » - page 22 d'un manuel de programmation Amstrad CPC 464, poussé par un cousin qui savait qu'on venait d'ouvrir la boîte à Noël. À l'époque, nous ignorions que cette même puce battait déjà à l'intérieur d'un Sinclair ZX Spectrum voisin, d'un MSX chez un ami plus tokyoïte, et - quelques années plus tard - dans notre Game Boy verte transparente.
Le Zilog Z80 est conçu par Federico Faggin, ex-Intel - concepteur du 4004 (le tout premier microprocesseur commercial, 1971) et du 8080 (1974). Faggin fonde Zilog en 1974 avec Ralph Ungermann et Masatoshi Shima (嶋 正利, ingénieur japonais qui avait déjà travaillé sur le 4004 chez Intel). La puce sort commercialement en juillet 1976.
Compatible logiciel avec le 8080 mais mieux dotée - registres alternatifs (AF', BC', DE', HL'), instructions supplémentaires pour la manipulation de blocs (LDIR, LDDR), une seule alimentation 5V (contre trois pour le 8080) - elle balaie très vite son grand frère Intel dans les micros grand public.
Le Z80 est resté suffisamment simple pour qu'un adolescent de 14 ans, avec un manuel, une chambre fermée à clé et six mois de patience, puisse programmer en assembleur un petit jeu qui tourne. Cette pédagogie de l'accès direct au matériel - écrire une instruction, voir un pixel apparaître - a formé toute une génération de développeurs européens et japonais.
Côté Japon, deux figures viennent à l'esprit. Yūji Naka (中 裕司) signe ses premières lignes de code sur les machines Sega à base de Z80 - c'est sur la Master System (Sega Mark III), et sur ses successeurs, qu'il fait ses armes avant Sonic. Kenji Eno (飯野 賢治), futur créateur de D et d'Enemy Zero, apprend la programmation sur MSX à l'adolescence. Deux trajectoires qui rappellent que la scène japonaise MSX/Sega a été aussi formatrice que la scène britannique Spectrum/Amstrad.
Zilog a annoncé fin 2024 la fin de la production du DIP Z80 traditionnel - un choc symbolique dans la communauté rétro. Mais le silicium n'a pas dit son dernier mot : compatibles taïwanais (Xilinx), cores VHDL open source (T80 de Daniel Wallner, ou T80s), FPGA implementations (projet MiSTer) continuent de faire tourner du code Z80 pour l'éternité.
Le CP/M - vieux système d'exploitation qui tournait sur Z80 dans les années 1970-80 - a d'ailleurs été rendu libre en 2022 par les Kildall Family Trust. Aujourd'hui, on peut télécharger CP/M gratuitement et le faire tourner sur un émulateur en cinq minutes.
Si vous n'avez jamais écrit une seule ligne d'assembleur Z80, tentez l'exercice sur un émulateur Spectrum. Un LD A,255 suivi de OUT (254),A qui fait clignoter la bordure de l'écran, c'est encore aujourd'hui l'un des plus beaux « hello world » de l'histoire de l'informatique.
Cinquante ans. Aucune puce grand public n'a jamais tenu aussi longtemps dans une aussi grande variété de rôles. Joyeux anniversaire, vieil ami.
Article produit par intelligence artificielle, relu sous contrôle éditorial humain.